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Le paradoxe du bitume : quand nos villes deviennent des radiateurs



Une cour entièrement bitumée peut sembler propre, pratique, facile à entretenir. Mais en période de canicule, elle devient surtout un piège à chaleur.

Le bitume et le béton absorbent le rayonnement solaire toute la journée.


En plein été, certaines surfaces sombres peuvent dépasser 50 °C au sol.


Et le problème ne s’arrête pas au coucher du soleil : cette chaleur stockée est ensuite relâchée lentement pendant la nuit. C’est l’une des raisons pour lesquelles les villes restent étouffantes quand la campagne commence déjà à respirer. À Paris, lors des pics de chaleur, l’écart nocturne avec les zones rurales peut atteindre jusqu’à 10 °C.


À l’inverse, un sol vivant, végétalisé, perméable et alimenté en eau, ne stocke pas la chaleur de la même manière. Il la dissipe grâce à l’ombre, à l’infiltration de l’eau et à l’évapotranspiration. L’ADEME rappelle que la végétalisation est un levier efficace contre les îlots de chaleur urbains, précisément grâce à l’ombrage et à l’évapotranspiration.


Les exemples sont concrets. À Aubervilliers, la transformation d’un parking en îlot de fraîcheur avec la plantation de 70 arbres a permis une baisse de la température ressentie de -2,5 °C en moyenne sur 24 h, et jusqu’à -6 °C autour de 13 h.


Désimperméabiliser une cour d’école, un parking, une place ou un trottoir, ce n’est donc pas faire de l’écologie décorative. C’est retirer un radiateur de la ville et le remplacer par un rafraîchisseur naturel.

C’est aussi mieux gérer les eaux de pluie, limiter le ruissellement, préserver les sols et réduire les risques d’inondation, comme le rappelle le Cerema.


Le bitume stocke la chaleur du jour et la rend la nuit. Le sol vivant, lui, rafraîchit en continu.


Voilà pourquoi nos communes doivent passer des discours aux actes : débétonner, végétaliser, planter, désimperméabiliser. Pas seulement pour faire joli. Pour protéger les habitants.

 
 
 

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